Autisme et webdesign : les bonnes pratiques

Sommaire :

  1. Qu’est-ce que l’autisme?
  2. Interaction avec l’environnement
  3. Concevoir un site adapté aux autistes : une question de bon sens !

Récemment, j’ai été contacté par une association accompagnant les parents d’enfants souffrant du Syndrome d’Asperger pour effectuer la refonte de leur site Internet.

N’étant pas familier avec l’autisme, j’ai donc cherché à me renseigner sur les freins éventuels rencontrés par les autistes dans leur usage d’Internet.

Les ressources francophones étant assez rare sur le sujet, voici un récapitulatif de ce que j’ai pu en retirer comme bonnes pratiques.

N’étant pas moi-même autiste et n’ayant pas la prétention d’être expert sur le sujet, surtout n’hésitez pas à me faire part de vos réactions dans les commentaires.

Qu’est-ce que l’autisme?

Selon l’OMS, l’autisme est un trouble du développement qui affecte les fonctions cérébrales. L’origine de ce trouble du comportement est multiple, mais elle est essentiellement génétique.

Il est caractérisé par 3 éléments cumulatifs : un trouble de la communication, une perturbation des relations sociales et des troubles du comportement.

Il n’existe pas de traitement contre l’autisme, mais une prise en charge précoce et adaptée permet à l’enfant d’apprendre à s’adapter au monde qui l’entoure et, avec l’âge, à vivre une vie normale, ou quasi-normale.

Selon l’Institut Pasteur, on estime qu’un enfant sur 100 dans le monde souffre de troubles autistiques. Pour une raison encore indéterminée, les garçons sont 4 fois plus atteints que les filles.

Interaction avec l’environnement

Le langage

Les compétences en matière de langage varient énormément d’un autiste à l’autre : certains ne vont pas du tout développer le langage, tandis que d’autres vont développer un langage fonctionnel, bien que particulier dans leur façon d’interagir avec les autres.

Une intonation monotone, de la difficulté à exprimer ses besoins, des sujets d’intérêts restreints ou encore le non-respect des codes sociaux sont autant de caractéristiques propres au langage autistique.

D’un point de vue compréhension, certaines subtilités linguistiques comme l’ironie, les métaphores ou encore les sous-entendus sont difficilement perçues.

Le profil développemental

Parce qu’ils pensent en images ou en représentations mentales, la mémoire visuelle des autistes est fréquemment supérieure à la norme. Certains enfants développent ainsi des facilités dans la mémorisation de longues suites de chiffres ou de date, dans la reproduction de dessins, etc…

Concernant les autistes Asperger, ils possèdent une aptitude extraordinaire à s’investir dans des domaines bien spécifique. Ainsi, Hans Asperger (le psychiatre Autrichien qui décrivit pour la première fois les syndromes de ce trouble du comportement) affirmait que « pour être brillant en art ou en science, une touche d’autisme est essentielle. »

Certains des plus grands cerveaux ou artistes de notre Histoire, comme Marie Curie, Albert Einstein, Thomas Edison, Andy Warhol, Vincent Van Gogh ou plus récemment Bill Gates, Steve Jobs ou Mark Zuckerberg sont ainsi soupçonnés d’être autistes.

Traitement de l’information

Les autistes n’ont pas de vision globale, pas de regard conceptuel sur les choses.Véronique Marino, Paris Web 2012

Selon certaines théories, la tendance à se focaliser sur les détails au détriment de la vision globale, rend l’environnement des autistes particulièrement instable.

Par exemple, nous reconnaissons une pièce d’une maison par son emplacement dans la maison, son aspect général, la décoration, le type de mobilier alors qu’un autiste va retenir des détails comme la couleur des rideaux, la forme d’un bibelot ou la luminosité. Si on change la couleur des rideaux, il aura l’impression d’être dans une nouvelle pièce, ce qui peut le déstabiliser et générer de l’anxiété.

Également, les autistes ne comprennent pas la fonction de l’objet. Si vous leur donnez une clef, ils ne comprendront pas qu’ils doivent ouvrir une porte avec. Pour eux, vous leur tendez simplement un objet appelé « clef ».

Autisme et informatique

L’informatique peut offrir une aide précieuse pour les autistes, mais elle peut aussi être source de distraction ou de difficulté. C’est par exemple le cas des claviers traditionnels, auxquels on préférera des claviers avec des grosses touches colorées.

Enfin, certains autistes peuvent avoir des difficultés à saisir et manipuler des objets, comme une souris d’ordinateur. Les écrans tactiles ou les « trackballs » sont alors une bonne alternative.

Ces comportements impliquent toutefois que les sites Internet soient adaptés à ces usages.

Concevoir un site adapté aux autistes : une question de bon sens !

Une structure simple

La structure du site internet doit être logique, claire et l’information facile d’accès.

Il est recommandé d’utiliser des liens passerelles en bas des pages/articles afin de fournir à l’internaute un aperçu des niveaux principaux et secondaires de navigation et lui permettre un accès rapide aux autres pages.

Au sein de votre contenu, proposer des liens transversaux vers des contenus complémentaires est une bonne méthode pour guider l’internaute. Toutefois, les autistes sont facilement dépassés en cas de surplus d’information. Il faut donc réussir à trouver un juste milieu.

Vous pouvez également utiliser un plan du site, qui donne à l’internaute une vision claire et détaillée de la façon dont est organisé le site. A noter que cet outil est aussi utilisé par les déficients visuels qui peuvent préférer naviguer dans le site par ce biais.

Pas d’effets inutiles

Les autistes sont très sensibles aux éléments perturbateurs comme les animations, les textes défilants, les carrousels,… Ils sont donc à éviter autant que possible, surtout s’ils ne sont pas nécessaires à la compréhension du contenu.

Si votre site dispose d’un contenu riche et varié ou de nombreuses fonctionnalités, la mise en place d’un tutoriel guidant l’internaute lors de sa première visite peut être un véritable plus.

Une aide visuelle à la navigation

Les éléments visuels sont fréquemment utilisés pour accompagner les autistes dans leur communication. Dans le cadre d’un site Internet, ils représentent donc une aide à la navigation très utile.

Attention toutefois : comme vu précédemment, les autistes ne perçoivent que le sens premier des choses. Ainsi, devant un pictogramme en forme de loupe, l’internaute autiste ne verra qu’une loupe et non le symbole de la fonctionnalité « recherche ».

Il est donc recommandé d’accompagner le pictogramme d’une alternative textuelle.

Comme avec n’importe quelle audience, l’information ne doit pas être uniquement véhiculée par la couleur. Par exemple, en cas d’erreur de saisie dans un formulaire, ne pas simplement entourer le champ erroné en rouge, mais indiquer clairement où se situe l’erreur.

Un contenu accessible

Sans aller jusqu’à prendre votre lecteur pour un simple d’esprit, il est recommandé d’éviter d’utiliser des termes trop techniques ou des métaphores trop imagées (ex : il pleut des cordes) que certains autistes pourraient prendre au premier degré.

Votre contenu devra également être correctement structuré et ne pas être trop dense.

Si vous attendez que l’internaute effectue une action spécifique, la consigne devra être la plus simple et la plus claire possible.

 

En appliquant ces quelques règles très simples, vous vous assurez que votre site est non seulement accessible aux internautes concernés par l’autisme, mais cela bénéficie également à tous les internautes, souffrant d’un handicap ou non.

A (n)vous de jouer!

 

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